L’Open Banking a profondément transformé la manière dont les utilisateurs accèdent aux services financiers et les gèrent. La banque est ainsi devenue plus connectée, plus accessible et plus personnalisée.
Au cœur de la plateforme SBS Open Banking de SBS se trouve Prakash Datt. Arrivé chez SBS en 2021 en tant qu’ingénieur qualité, Prakash a contribué à renforcer et moderniser nos standards qualité avant de relever un nouveau défi en devenant product owner. Aujourd’hui, il évolue à la croisée du métier, du produit et de la technologie pour contribuer à façonner l’avenir de nos solutions Open Banking. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, son rôle actuel et les raisons qui font de l’Open Banking un domaine aussi passionnant.
Passer d’ingénieur qualité à product owner représente un changement de carrière important. Qu’est-ce qui t’a aidé à réussir cette transition ?
Mon expérience dans l’ingénierie qualité a en réalité été un véritable atout dans mon rôle de product owner. En tant qu’ingénieur qualité, on développe naturellement une grande curiosité. Il ne s’agit pas seulement de tester une fonctionnalité, mais de comprendre pourquoi elle existe, quel problème elle résout et quelle valeur elle apporte au client.
Cet état d’esprit a grandement facilité ma transition. J’avais déjà l’habitude de prendre du recul, de poser des questions et de remettre en question certaines hypothèses. Aujourd’hui, ces compétences m’aident à comprendre les besoins des clients, à définir les exigences produit et à m’assurer que nous développons des solutions qui répondent à de vrais enjeux métier. Pour moi, la curiosité est l’une des qualités les plus importantes d’un product owner, et mon parcours dans la qualité m’a permis de la développer dès le premier jour.
Quelle est ta plus grande fierté en tant que product owner ?
L’une de mes plus grandes fiertés dans le cadre de la plateforme SBS Open Banking a été de piloter le lancement de Wero, une solution européenne de portefeuille numérique et de paiement développée dans le cadre de l’European Payments Initiative (EPI).
C’était le premier produit dont j’avais la responsabilité de bout en bout, ce qui a rendu l’expérience particulièrement marquante. Après plusieurs mois de collaboration entre de nombreuses équipes, voir la première banque passer en production sur notre plateforme a été une étape majeure. Savoir que nous avons contribué à transformer une idée complexe en une solution concrète, permettant aux banques d’adopter Wero plus rapidement et d’apporter davantage de valeur à leurs clients, a été extrêmement gratifiant, tant pour moi que pour toute l’équipe.
En quoi consiste le rôle de product owner ?
En tant que product owner, mon rôle se situe à l’intersection de la stratégie produit, de la technologie et des besoins clients. Je travaille en étroite collaboration avec les product managers pour comprendre les tendances du marché et les nouvelles attentes, puis avec les architectes et les équipes de développement pour transformer ces idées en solutions concrètes.
Je passe également beaucoup de temps à échanger avec nos clients à travers des ateliers et des discussions régulières. Leurs retours nous permettent d’améliorer nos produits et de nous assurer que nous répondons aux bons besoins. Enfin, je gère les priorités et contribue à définir la feuille de route du produit.

Quelle est la plus grande idée reçue sur l’Open Banking ?
L’une des idées reçues les plus répandues est que l’Open Banking consiste simplement à rendre les services bancaires plus pratiques pour les clients. C’est effectivement le résultat visible, mais en coulisses, la réalité est beaucoup plus complexe. Ce qui m’a le plus surpris lorsque je suis devenu product owner, c’est l’ampleur du travail effectué en arrière-plan. Les utilisateurs bénéficient d’une expérience fluide, mais chaque paiement et chaque échange de données doivent respecter des exigences réglementaires et de sécurité très strictes. L’une de mes principales responsabilités consiste justement à trouver le bon équilibre entre ces contraintes réglementaires et les besoins de nos clients. Cela permet aux banques d’adapter la solution aux attentes de leurs propres utilisateurs tout en restant pleinement conformes. Le défi, c’est que les réglementations et les standards du secteur évoluent constamment. Il faut donc rester informé et faire évoluer nos produits en permanence.
Tu as vu l’Open Banking évoluer considérablement ces dernières années. Quels changements t’ont le plus marqué ?
Le changement le plus marquant pour moi a été le passage de l’Open Banking à l’Open Finance. Lorsque j’ai commencé, l’accent était principalement mis sur les services bancaires et les paiements. Aujourd’hui, le périmètre s’est considérablement élargi et regroupe dans un même écosystème une grande variété de produits et services financiers : comptes bancaires, paiements, prêts, cartes de crédit, assurances et bien plus encore. Nous évoluons vers un environnement beaucoup plus connecté, dans lequel les données et les services circulent de manière fluide entre les différents acteurs.
Ce qui m’enthousiasme le plus dans tout ça, c’est la direction que prend cette transformation. Chez SBS, nous le constatons déjà à travers des initiatives comme Wero et d’autres solutions de paiement numérique. L’objectif est de créer une expérience plus simple et plus fluide, permettant aux utilisateurs de gérer l’ensemble de leur vie financière au sein d’un parcours unique et connecté. À plus long terme, je pense que l’Open Finance évoluera vers des écosystèmes de données encore plus larges, ouvrant la voie à des expériences toujours plus personnalisées et transparentes. C’est une formidable opportunité de participer à la construction de l’avenir des services financiers.
Comment l’IA impacte-t-elle ton travail au quotidien ?
Comme beaucoup de personnes, je me suis d’abord demandé si l’IA allait remplacer mon métier. En réalité, elle m’a surtout permis d’être beaucoup plus efficace. En tant que product owner, une grande partie de mon travail repose sur la recherche et l’analyse. Des tâches qui prenaient auparavant plusieurs jours peuvent désormais être réalisées beaucoup plus rapidement. J’ai ainsi davantage de temps pour me concentrer sur la stratégie, les besoins des clients et les décisions produit.
J’ai également développé des agents IA et des tableaux de bord qui surveillent automatiquement les évolutions du secteur, les changements réglementaires et les standards, notamment ceux du Berlin Group. Au lieu de consulter manuellement de multiples sources, je reçois les informations les plus pertinentes au même endroit et peux rapidement identifier ce qui a un impact sur nos produits. Pour moi, l’IA est avant tout un formidable assistant.
Quel cas d’usage de l’IA dans l’Open Banking aura, selon toi, le plus d’impact dans les années à venir ?
Je pense que l’assistance financière personnalisée sera l’un des cas d’usage les plus transformateurs. En combinant l’IA avec les données issues de l’Open Banking, les banques et les fintechs peuvent mieux comprendre la situation financière de chaque client et lui proposer des recommandations beaucoup plus pertinentes, qu’il s’agisse de maîtriser ses dépenses, d’améliorer son épargne ou d’identifier les produits et services les plus adaptés à ses besoins. Nous constatons déjà les bénéfices de l’IA dans les assistants virtuels et les outils de support intelligents. Mais selon moi, la véritable opportunité réside dans la combinaison de l’IA et des données Open Banking pour fournir un accompagnement financier plus proactif, plus personnalisé et plus utile.
As-tu une anecdote marquante à partager sur ton travail ?
Un souvenir qui me vient immédiatement à l’esprit est un atelier client auquel j’ai participé en 2025. C’était mon premier grand workshop client en tant que product owner, et j’étais naturellement un peu nerveux. La session a duré près de huit heures et, comme c’était la première fois que j’animais ce type d’échange, je m’étais mis beaucoup de pression pour être parfaitement préparé. Finalement, tout s’est très bien passé. Le client a été particulièrement impliqué, les retours ont été extrêmement positifs et cette expérience m’a donné énormément de confiance. Avec le recul, c’est l’un de mes meilleurs souvenirs professionnels, car c’est à ce moment-là que j’ai véritablement compris que j’étais capable d’assumer ce rôle et de représenter avec succès à la fois le produit et l’équipe face à nos clients.
Quel trait de personnalité t’a le plus aidé dans ta carrière ?
Une chose qui me suit dans tous les aspects de ma vie est mon goût pour l’organisation. À la maison, j’aime que les choses soient bien rangées et structurées afin que chacun puisse profiter d’un environnement agréable. Cet état d’esprit se retrouve naturellement dans mon travail. Que ce soit pour planifier mon emploi du temps, gérer les priorités ou organiser le backlog produit, j’essaie toujours d’apporter de la structure et de la clarté à ce que je fais. Cela peut sembler être un détail, mais être organisé m’aide à rester concentré, à anticiper les étapes suivantes et à travailler plus efficacement avec mon équipe.
En dehors du travail, comment déconnectes-tu ?
En dehors du travail, j’aime avant tout passer du temps avec ma famille. J’ai un enfant en bas âge, donc les week-ends sont souvent consacrés à profiter au maximum de ces moments ensemble, que ce soit en jouant au cricket, en apprenant et en pratiquant les échecs, ou simplement en partageant des activités en famille. J’aime aussi me détendre devant un bon film ou une bonne série. Ces moments me permettent de recharger les batteries et de revenir au travail avec une énergie nouvelle et un regard différent.