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  • Wero compte déjà 53 millions d’utilisateurs et passe des paiements de particulier à particulier au commerce en ligne.
  • Dans la zone euro, les cartes représentaient encore 48 % des paiements en ligne en 2024, contre 29 % pour les solutions de paiement électroniques.
  • 62 % des consommateurs français et 56 % des consommateurs allemands seraient prêts à utiliser Wero, une proportion qui atteint 65 % en Belgique.

Lors de l’Instant Payments Summit à Francfort en avril dernier, les échanges autour de Wero se sont souvent révélés les plus instructifs pendant les questions du public. Les participants ne demandaient pas si Wero pouvait être intégré. Ils s’interrogeaient plutôt sur ce qui se passe après la mise en service. Pourquoi les consommateurs changeraient-ils d’habitude alors que les cartes fonctionnent déjà très bien ? Comment Wero peut-il coexister avec des portefeuilles locaux bien établis comme iDEAL et Bizum ? Et peut-être surtout, comment les banques peuvent-elles s’assurer que Wero ne soit pas seulement disponible, mais réellement utilisé ?

Une question est même allée plus loin. Que signifie concrètement la souveraineté européenne des paiements, alors que Wero est conçu pour rapprocher les banques européennes du moment du paiement, mais que les habitudes des consommateurs continuent d’être façonnées par Apple Pay, Google Pay et d’autres portefeuilles mondiaux ?

Ces questions traduisent un changement de fond. Wero compte déjà 53 millions d’utilisateurs et passe des paiements de particulier à particulier au commerce en ligne. Mais le débat de marché a désormais dépassé la question de la préparation technique pour aborder un enjeu plus difficile : rendre Wero visible, digne de confiance et choisi au moment même où se forment les habitudes de paiement.

Wero compte déjà 53 millions d'utilisateurs alors qu'il s'étend du P2P vers l'e-commerce.
Source : EPI Company. (2026). Wero reduces its dependence on international providers

Le défi de l’adoption pour Wero

Malgré son démarrage prometteur, le principal défi de Wero aujourd’hui consiste à transformer sa disponibilité en usage effectif. Cela ne se fera pas automatiquement. Dans la zone euro, les cartes représentaient encore 48 % des paiements en ligne en 2024, tandis que les solutions de paiement électroniques telles que les portefeuilles, PayPal et les applications mobiles en représentaient 29 %. Wero arrive sur un marché où les consommateurs disposent déjà de moyens de paiement familiers.

Le défi ne se limite pas à la disponibilité. Les habitudes de paiement se construisent par la répétition, la confiance et la simplicité d’utilisation. Les consommateurs ne changeront pas simplement parce que Wero existe. Ils l’adopteront s’il leur semble que la solution est plus simple, plus sûre et plus utile que les moyens de paiement qu’ils utilisent déjà.

Pour les banques, cela change la donne. Wero n’est plus seulement un projet d’intégration. C’est désormais un défi d’adoption. Les banques doivent rendre la solution visible dans l’application, l’intégrer clairement au parcours d’entrée en relation client, inspirer confiance dans la communication, la rendre présente au moment du paiement, et suffisamment convaincante pour que les consommateurs l’essaient, puis l’utilisent à nouveau.

La carte représentait 48 % des paiements en ligne de la zone euro en 2024.
Source : European Central Bank. (2024). Study on the payment attitudes of consumers in the euro area 2024

Accélérer l’adoption par les consommateurs

L’intérêt des consommateurs pour Wero existe déjà. Selon des enquêtes, 62 % des consommateurs français et 56 % des consommateurs allemands seraient prêts à utiliser la solution, une proportion qui atteint 65 % en Belgique.

Cependant, la volonté d’essayer un nouveau moyen de paiement n’équivaut pas à son adoption durable. Les études de la BCE auprès des consommateurs donnent une indication utile de ce qui compte le plus pour les utilisateurs : un niveau de sécurité plus élevé a été cité par 37 % des répondants comme raison d’adopter un nouveau moyen de paiement, suivi par la facilité d’utilisation (34 %) et des coûts plus faibles (29 %). La confidentialité (27 %) et la rapidité (21 %) arrivent également en bonne position.

L’enseignement pour Wero est clair. L’intérêt des consommateurs ne se transformera pas en habitude par le seul effet de nouveauté. L’adoption dépend de la convergence de trois éléments : une expérience fluide, à la hauteur ou supérieure à celle des moyens de paiement déjà utilisés ; la confiance dans un paiement sécurisé et protégé ; et une exposition suffisamment fréquente lors du paiement pour que Wero devienne un réflexe.

Chacun de ces trois éléments relève directement du périmètre des banques. Les banques contrôlent l’application, le parcours d’entrée en relation, l’expérience d’authentification, ainsi qu’une grande partie de la manière dont les clients découvrent et comprennent les nouvelles options de paiement. Si Wero est enfoui à plusieurs niveaux de navigation dans une application bancaire, ou si la première expérience client est confuse, l’intention d’essayer ne se transformera pas en utilisation concrète.

Développer l’acceptation auprès des commerçants

La demande des consommateurs ne suffira pas à elle seule à déterminer le succès de Wero. C’est l’adoption par les commerçants eux-mêmes qui permettra aux utilisateurs non seulement de découvrir la solution mais aussi d’en faire une habitude de paiement. 

Les paiements de particulier à particulier (P2P) peuvent permettre aux utilisateurs de se familiariser avec Wero. Mais les habitudes de paiement se forgent avant tout au moment du passage en caisse. Plus les consommateurs rencontrent fréquemment Wero lors de leurs achats du quotidien, plus cette solution a de chances de devenir un réflexe de paiement.  

C’est ce qui rend particulièrement stratégique l’expansion de Wero vers le commerce en ligne et le point de vente. À mesure que Wero devient visible au moment du paiement en ligne, puis à terme au point de vente, les attentes vis-à-vis des banques augmentent. Les clients attendront que l’expérience soit fluide, limpide et rassurante à chaque étape : de l’activation et du parcours de mise en relation jusqu’à l’authentification et l’exécution du paiement.

Si le parcours proposé par la banque est peu visible, complexe ou mal expliqué, le commerçant aura beau être prêt, le client, lui, ne suivra pas. Le facteur temps compte également. Une fois que les consommateurs adoptent par défaut Apple Pay, Google Pay, PayPal ou un portefeuille numérique déjà bien implanté lors d’un paiement, il devient plus difficile de les faire changer. La force de ces portefeuilles repose sur l’habitude d’utilisation. Les banques qui rendront Wero visible et opérationnel avant que ces habitudes ne se figent bénéficieront d’un avantage significatif.

L’interopérabilité, moteur du déploiement de Wero à l’échelle européenne

Sur les marchés où les habitudes de paiement locales sont bien ancrées, Wero n’a pas vocation à remplacer les solutions qui fonctionnent déjà. Son objectif est de s’appuyer sur elles. 

Deux modèles distincts se mettent en place. Aux Pays-Bas, iDEAL migre vers Wero, lui apportant en héritage l’usage, l’acceptation par les commerçants et la confiance des consommateurs d’un moyen de paiement qui représente plus de 70 % du commerce en ligne néerlandais.

En Espagne et au-delà, l’approche retenue est celle de l’interopérabilité. En février 2026, Bizum, Bancomat, SIBS/MB WAY, Vipps MobilePay et EPI ont signé un protocole d’accord visant à permettre des paiements transfrontaliers via un hub central, couvrant environ 130 millions d’utilisateurs dans 13 pays.

La distinction est importante. La migration signifie que Wero absorbe une solution déjà existante. L’interopérabilité signifie que Wero se connecte à des solutions locales tout en laissant à chacun sa marque et son expérience utilisateur propre. Ces deux voies permettent à Wero de se développer sans obliger les consommateurs à repartir de zéro.  

Les banques présentes sur ces différents marchés ne géreront pas un déploiement unique de Wero. Elles devront en gérer plusieurs, chacune avec son propre calendrier de transition et ses besoins en matière de communication auprès de ses clients.

Moyens de paiement en ligne (zone euro, 2024)Part des paiements en ligne
Cartes48 %
Solutions de paiement électronique (portefeuilles, PayPal, applications mobiles)29 %
Prélèvements automatiques5 %
Paiements instantanés5 %
Autres moyens de paiement13 %

Wero arrive sur un marché où les cartes et les portefeuilles numériques sont déjà profondément ancrés dans les habitudes de paiement des consommateurs.

La souveraineté doit prendre une forme concrète

La souveraineté européenne des paiements est souvent présentée comme l’un des principaux arguments en faveur de Wero. Mais les questions soulevées à Francfort ont montré que les banques recherchent une définition plus concrète de cette notion. 

Pour les banques, la souveraineté se traduit par le contrôle du routage des transactions, des données de paiement, de la relation client, ainsi que par la résilience nécessaire pour faire fonctionner les paiements instantanés en continu. Il ne s’agit pas d’objectifs de politiques publiques abstraits. Ils façonnent les choix d’infrastructure, la gestion de la fraude et des litiges, la conception de l’expérience client, ainsi que la capacité à s’adapter à mesure que Wero investit de nouveaux usages.

C’est précisément pour cette raison que l’adoption est essentielle. Wero ne concrétise pas la souveraineté par sa simple existence. Sa valeur stratégique réside dans sa capacité à aider les banques à conserver la maîtrise du moment du paiement, des données et de la relation client, à mesure que l’écosystème des paiements européens continue d’évoluer.

Le rôle des banques dans l’adoption de Wero

Si l’European Payments Initiative est responsable du développement et du déploiement de Wero, ce sont les banques qui joueront un rôle déterminant dans son adoption à grande échelle.

Pour les banques, le succès de Wero ne consiste pas seulement à soutenir une initiative européenne dans le domaine des paiements. C’est un moyen de conserver une place centrale dans l’une des interactions les plus importantes qu’elles entretiennent encore avec leurs clients : le moment du paiement. 

Cette influence dépend de la qualité de l’exécution. Les banques maîtrisent de nombreux points de contact où se construisent les habitudes de paiement : applications bancaires, parcours d’entrée en relation, communications auprès des clients, partenariats avec les commerçants ou encore les parcours de paiement. L’adoption exige donc davantage qu’une simple intégration technique. Les clients doivent être encouragés à découvrir, comprendre et faire confiance à cette expérience, tout en y étant exposés suffisamment souvent pour l’adopter durablement. 

Les enjeux sont élevés, car la concurrence dans le secteur des paiements continue de s’intensifier. Les portefeuilles numériques se sont profondément ancrés dans le parcours d’achat de nombreux consommateurs, devenant souvent le moyen de paiement par défaut une fois adopté.

C’est en cela que la visibilité est essentielle. Les banques qui rendront Wero facile à trouver, facile à comprendre et facile à utiliser seront mieux placées pour favoriser son adoption, tout en renforçant leur propre rôle au sein de l’écosystème des paiements.

Wero n’est pas un projet de conformité

La réussite de l’adoption de Wero dépendra d’un effort coordonné entre l’EPI, les banques, les commerçants et les partenaires de l’écosystème. Wero a besoin des banques pour développer sa notoriété, favoriser son adoption et encourager son usage quotidien. En retour, les banques ont tout à gagner à conserver un rôle accru dans l’expérience de paiement client, alors que la concurrence des portefeuilles mondiaux et des plateformes technologiques continue de s’intensifier.

Cela signifie que le lancement de Wero ne constitue qu’une première étape. Les banques qui le traiteront comme un simple exercice de conformité risquent de passer à côté de l’opportunité de construire une adoption durable par les clients. À l’inverse, celles qui promouvront activement Wero à travers leurs applications, leurs communications clients et leurs parcours de paiement seront mieux placées pour en concrétiser la valeur.

Simultanément, les banques doivent disposer de l’agilité technique nécessaire pour accompagner l’évolution de Wero. À mesure que de nouvelles fonctionnalités, exigences et cas d’usage apparaissent, la complexité d’intégration peut rapidement augmenter.

C’est là que le choix du bon partenaire fait toute la différence. SBS Wero Connect aide les banques à simplifier la couche d’exécution, à rester alignées sur l’évolution de l’EPI et à intégrer Wero dans les parcours de paiement existants sans ajouter de charge opérationnelle inutile. Elles peuvent ainsi se concentrer sur l’essentiel : rendre Wero accessible, fiable et proposer une expérience fluide au moment du paiement, là où se joue son adoption. 

Pour plus d’informations sur les perspectives du secteur et l’innovation, abonnez-vous à notre newsletter ou visitez notre page « Insights ».

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Questions-réponses : les points clés sur Wero et son déploiement 

Wero est une solution de paiement développée par l’European Payments Initiative (EPI). Lancé en 2024, Wero est déjà disponible sur plusieurs marchés européens et s’étend au-delà des paiements de particulier à particulier vers le commerce en ligne et les transactions en point de vente.

Ludovic De Pestel

Ludovic De Pestel

Payment Expert

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