Ipsos European Public Affairs vient de publier les résultats de son enquête européenne sur la culture financière. Qu’il s’agisse des éléments à prendre en compte lors de l’ouverture d’un compte bancaire, des types de prêts hypothécaires, de la manière d’éviter les dettes, d’investir de l’argent et d’épargner pour la retraite, ou encore de la lutte contre la fraude et les cyber-risques, la culture financière est un ingrédient essentiel pour prendre des décisions financières judicieuses.
Seulement 18 % des citoyens de l’UE affichent un niveau de culture financière élevé. L’enquête révèle notamment que la culture financière fait particulièrement défaut à plusieurs groupes clés : les femmes, les jeunes générations, les ménages à faible revenu et les individus ayant un niveau d’éducation générale moins élevé. L’Eurobaromètre met ainsi en évidence quoi faire pour permettre à ces ressortissants de l’UE de prendre des décisions financières plus éclairées.
Il est essentiel d’investir dans l’éducation financière de ces personnes généralement moins instruites en matière financière que les autres groupes inclus dans l’étude (c’est-à-dire les hommes, les générations plus âgées, les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé ou appartenant à des ménages plus aisés).
Principales conclusions sur la culture financière
Sur l’ensemble des personnes interrogées, seules 25 % environ ont été en mesure de répondre correctement à au moins ⅘ questions portant sur les connaissances financières. Environ 50 % ont répondu correctement à deux ou trois questions. Les 25 % restants ont eu faux à l’ensemble des questions ou n’ont répondu correctement qu’à une seule question. Ce constat est particulièrement alarmant, car les connaissances financières de base sont essentielles pour gérer correctement ses finances personnelles. Les pays où les connaissances financières sont les plus élevées sont les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande et l’Estonie.
En ce qui concerne les connaissances financières, 52 % des personnes interrogées estiment que leurs connaissances générales sont moyennes par rapport à celles des autres habitants de leur pays. En revanche, 25 % des personnes interrogées estiment que leurs connaissances financières sont « assez élevées » et 5 % « très élevées », tandis que 12 % estiment que leurs connaissances sont « assez faibles » et 4 % « très faibles » par rapport aux autres personnes interrogées dans leur pays.
Les pays qui se considèrent plus ou moins bien en termes de connaissances financières pourraient vous surprendre : 51 % des personnes interrogées en Roumanie estiment que leurs connaissances globales en matière financière sont « très élevées » ou « assez élevées ». Ils sont suivis par la France (42 %), la Pologne (40 %) et la Finlande (39 %), qui estiment que leurs connaissances financières sont « très élevées » ou « assez élevées ». À titre de comparaison, le Portugal (16 %), l’Italie (18 %) et l’Autriche (18 %) sont des pays où les citoyens sont beaucoup moins nombreux à considérer leurs connaissances financières comme élevées.
Graphique : Score de connaissances financières dans l’UE, par pays.
Source : Eurobaromètre, Union européenne : Eurobaromètre, Union européenne
Comportement financier
Vous êtes-vous déjà demandé si vous pouviez vous permettre d’acheter quelque chose avant de le faire ?
Si vous avez répondu oui, environ neuf personnes interrogées sur dix dans l’UE sont d’accord avec vous (51 % « tout à fait d’accord » et 41 % « plutôt d’accord »). En ce qui concerne le suivi et le contrôle des dépenses, 49 % des personnes interrogées sont « tout à fait d’accord » et 43 % « plutôt d’accord ». Sept répondants sur dix se fixent des objectifs financiers à long terme et tentent de les atteindre (21 % sont « tout à fait d’accord » et 50 % « plutôt d’accord »). Lorsque nous additionnons un certain nombre de ces comportements « financièrement avisés », nous obtenons ce que l’on appelle le score de comportement financier. La Roumanie est en tête avec 82 % des personnes interrogées ayant un score élevé en matière de comportement financier, tandis que la Finlande est en queue de peloton avec seulement 36 %.
Graphique : Comportement financier dans l’UE, questions posées à toutes les personnes interrogées.
Source : Eurobaromètre, Union européenne : Eurobaromètre, Union européenne
Services financiers numériques
En ce qui concerne la facilité d’utilisation des services financiers numériques (c’est-à-dire les services bancaires en ligne ou les paiements mobiles), 36 % des personnes interrogées se sont déclarées « très à l’aise » et 41 % « plutôt à l’aise ». Dans tous les États membres de l’UE, ce chiffre est supérieur à 60 %. La Finlande est le pays le plus à l’aise avec les technologies numériques, avec 95 % des personnes interrogées qui se disent à l’aise avec les services financiers numériques, tandis que la Grèce est le pays le moins à l’aise avec 63 % des personnes interrogées.
Graphique : utilisation des services financiers numériques dans l’UE, pourcentages du niveau d’aisance par pays.
Source : Eurobaromètre, Union européenne : Eurobaromètre, Union européenne
Conseils d’investissement reçus d’une banque, d’un assureur ou d’un conseiller financier
En ce qui concerne les conseils en matière d’investissement, les données montrent que la confiance fait cruellement défaut dans l’UE. Seul un Européen sur trois fait confiance aux conseils d’investissement qu’il reçoit. Pour mettre les choses en perspective, 38 % des personnes interrogées dans l’UE ont indiqué qu’elles faisaient confiance aux conseils d’investissement fournis par leur banque, leur assureur ou leur conseiller financier, en précisant qu’elles étaient « très confiantes » ou « plutôt confiantes » dans le fait que les conseils reçus servaient au mieux leurs intérêts. Ces chiffres contrastent avec les 45 % de personnes qui déclarent ne pas avoir confiance du tout dans ces conseils. Il est intéressant de noter que ce niveau de confiance varie considérablement en fonction du pays en question. Par exemple, les citoyens finlandais (59 %), tchèques (54 %) et danois (47 %) font davantage confiance que les citoyens chypriotes (20 %), grecs (21 %) et lettons (24 %).
Graphique : Conseils d’investissement reçus, niveau de confiance dans le fait que les conseils sont dans l’intérêt du client, par pays.
Source : Eurobaromètre, Union européenne : Eurobaromètre, Union européenne
Résilience financière et inclusion
L’assurance est un filet de sécurité assez populaire pour de nombreux Européens, 46 % d’entre eux indiquant qu’ils ont (ou qu’ils ont eu au cours des deux dernières années) un type d’assurance autre que l’assurance ménage ou l’assurance automobile. 31 % indiquent qu’ils ont actuellement (ou qu’ils ont eu au cours des deux dernières années) une assurance-vie.
En ce qui concerne les spécificités nationales, la proportion de personnes ayant souscrit une assurance-vie (actuellement ou au cours des deux dernières années) varie de 16 % en Grèce à 58 % en Pologne. En ce qui concerne l’assurance non-vie (c’est-à-dire l’assurance ménage ou l’assurance automobile), les chiffres varient de 30 % en Grèce et en Croatie à 67 % au Danemark.
Graphique : Produits financiers souscrits au cours des deux dernières années par l’ensemble des répondants.
Source : Eurobaromètre, Union européenne : Eurobaromètre, Union européenne
La durée pendant laquelle les individus seraient en mesure de couvrir leurs frais de subsistance, sans avoir à emprunter ou à déménager au cas où leurs revenus actuels cesseraient, est incroyablement révélatrice. Un tiers seulement des personnes interrogées (33 %) seraient en mesure de tenir six mois ou plus, 18 % déclarant pouvoir couvrir entre trois et six mois, et 16 % indiquant ne pas avoir d’épargne d’urgence.
Les pays qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de capacité à couvrir leurs dépenses pendant six mois ou plus sont la Suède (46 %), les Pays-Bas (47 %) et le Luxembourg (48 %). Les pays les moins bien classés sont la Lettonie (19 %), la Hongrie (22 %), ainsi que la Roumanie, la Croatie et la Grèce (23 %).
Graphique : Capacité à continuer à couvrir les frais de subsistance après la perte de la principale source de revenus, par pays.
En outre, plus de la moitié des personnes interrogées dans l’UE sont soit « peu confiantes » (32 %), soit « pas du tout confiantes » (22 %) dans leur capacité à vivre confortablement tout au long de leur retraite. Le sentiment de confiance (qui comprend « très » et « assez ») varie considérablement : le niveau de confiance le plus bas est de 20 % en Pologne, tandis que le niveau le plus élevé est de 62 % aux Pays-Bas.
L’avenir de la culture financière dans l’UE
Lors du calcul du score global d’un pays en matière de culture financière dans le cadre de cette étude, les connaissances et les comportements financiers ont reçu le même poids. Si l’on considère la moyenne de l’UE, environ 18 % des personnes interrogées ont obtenu un score élevé pour leur niveau global de culture financière, 64 % un score moyen et 18 % un score faible. Les niveaux les plus bas de culture financière ont été relevés en Finlande (27 %), en Lettonie (24 %), en Belgique (22 %) et en Espagne (22 %), tandis que les niveaux les plus élevés ont été relevés aux Pays-Bas (28 %), ainsi qu’au Danemark, en Slovénie et en Suède (27 %). Compte tenu des écarts considérables entre les niveaux de connaissances financières dans l’UE, il est évident que des efforts doivent être déployés pour améliorer ces chiffres dans l’ensemble de l’Union.
L’UE reste déterminée à donner à ses résidents les moyens d’agir, en prenant les mesures nécessaires pour s’assurer que les individus disposent des connaissances, des compétences et des attitudes adéquates pour prendre des décisions financières judicieuses. S’il est important d’éduquer davantage tous les citoyens de l’UE à la culture financière, il est clair qu’une attention particulière doit être accordée aux groupes dont les niveaux de culture financière sont les plus faibles (les femmes, les jeunes générations, les personnes issues de ménages à faibles revenus ainsi que les personnes ayant un niveau d’éducation générale plus faible), afin de favoriser un niveau plus élevé de bien-être financier individuel. Cependant, avec des efforts constants, il est tout à fait possible d’améliorer la culture financière dans tous les groupes et nations de l’UE.
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