Peux-tu nous expliquer le rôle que joue SBS dans le paysage du crédit au Royaume-Uni ?

Le crédit au Royaume-Uni couvre principalement les prêts immobiliers, les crédits à la consommation et le financement d’actifs. Comme le Royaume-Uni a l’un des taux de propriété les plus élevés d’Europe, le marché hypothécaire y est énorme. SBS y joue un rôle clé — notre plateforme SBP Core Mortgage and Savings Suite (MSS) traite 1 prêt immobilier sur 5, ce qui a un impact énorme sur l’accès à la propriété dans le pays.

Nous sommes aussi actifs dans le financement d’actifs — les prêts pour des voitures ou des flottes de véhicules — et collaborons avec de grandes marques comme Audi et BMW. Au final, SBS est bien implanté aussi bien dans le crédit de détail que dans le crédit aux entreprises.

En quoi consiste ton rôle de Business Development Director pour le crédit au Royaume-Uni ?

Concrètement, je suis responsable de tous nos produits liés au crédit sur ce marché — de MSS jusqu’au financement spécialisé.

Je me vois un peu comme un ambassadeur de SBS sur le marché britannique. Je passe beaucoup de temps à construire des relations avec des entreprises qui ne travaillent pas encore avec nous, à comprendre leurs objectifs à long terme, et à voir comment on peut les accompagner. Un projet autour d’un core banking, c’est toujours stratégique. Il faut donc qu’on soit vu comme un partenaire fiable, capable d’apporter de la valeur et de la sécurité.

Cela peut passer par la recommandation de produits, des services adaptés ou simplement des conseils stratégiques. L’objectif final, c’est de montrer que SBS est un partenaire solide pour les accompagner.

Tu travailles avec des banques Tier 1 mais aussi des organismes spécialisés. Quelles sont les principales différences dans leurs attentes, et comment fait SBS pour s’adapter ?

Bonne question. La grande différence, c’est ce qui motive chaque type d’organisation. Pour les banques Tier 1, le sujet principal, ce sont les marges et la rentabilité — elles doivent rendre des comptes aux actionnaires, donc chaque proposition doit démontrer une vraie valeur.

Les prêteurs spécialisés, eux, ont souvent une mission sociétale. Par exemple, un de mes clients se concentre sur l’investissement à impact. Avec eux, on parle autant d’objectifs ESG que de rendement financier.

Chez SBS, on adapte donc notre discours et notre approche en fonction : qu’il s’agisse d’une logique de performance commerciale ou d’une mission plus engagée, on apporte une réponse sur mesure.

Selon toi, ces institutions sont un pilier pour la croissance. As-tu un exemple concret d’un projet de crédit ayant eu un vrai impact sur des communautés ou entreprises ?

Bien sûr. Comme je le disais, le Royaume-Uni a l’un des taux de propriété les plus élevés d’Europe — bien au-dessus de pays comme l’Allemagne, où seuls 45 % des habitants sont propriétaires, contre environ 67 % au Royaume-Uni.

L’une des grandes raisons, c’est le rôle des “building societies” — des coopératives de crédit qui existent depuis plus de 250 ans. Ces organisations ont permis à des millions de personnes d’accéder à la propriété, là où les banques traditionnelles n’auraient pas forcément prêté. Elles sont centrées sur leurs membres et non sur la valeur actionnariale.

Elles ont donc contribué à améliorer l’accessibilité au logement pour des générations entières et ont renforcé la stabilité des communautés locales. Quand je parle de “pilier de croissance”, c’est exactement ça.

Johnnie Huddart, Business Development Director pour le secteur du crédit au Royaume-Uni chez SBS
Johnnie Huddart, Business Development Director pour le secteur du crédit au Royaume-Uni chez SBS

D’après ton expérience, que valorisent le plus les emprunteurs britanniques aujourd’hui ?

C’est une très bonne question — et ça dépend beaucoup de l’âge. Les plus jeunes veulent une expérience 100 % digitale, sans paperasse ni interaction humaine. Les plus âgés, au contraire, valorisent le contact humain et l’accompagnement personnalisé — certains utilisent encore leur livret papier.

Les établissements doivent donc répondre à ces deux attentes opposées, et c’est là que SBS fait la différence : on aide nos clients à proposer à la fois de la fluidité digitale et une relation humaine.

Le secteur du crédit et de l’épargne évolue vite au Royaume-Uni et en Irlande. Quelle est la plus grande transformation en cours selon toi ?

Selon moi — et je suis peut-être un peu biaisé par mon passé dans les API — la vraie transformation, c’est l’architecture orientée API.

Nos clients veulent pouvoir brancher facilement de nouveaux services sans devoir tout reconstruire. Il faut être agile : pouvoir lancer rapidement de nouveaux produits, s’adapter aux attentes des clients et du marché, sans passer par de longs cycles de développement.

C’est cette quête de flexibilité et de rapidité qui tire la transformation du secteur.

Quelle est une idée reçue fréquente sur le secteur du crédit aujourd’hui ?

Beaucoup pensent encore que les prêteurs ne sont pas vraiment du côté des clients. Pourtant, le secteur fait énormément d’efforts pour faciliter l’accès aux prêts, en particulier aux prêts immobiliers.

Le cadre réglementaire est bien plus solide qu’avant la crise financière, et les clients sont bien mieux protégés. C’est particulièrement vrai du côté des building societies, qui mettent leurs membres au centre de leur modèle.

Le crédit est souvent vu comme quelque chose de froid et purement transactionnel, mais en réalité, beaucoup d’acteurs s’engagent bien plus qu’on ne le pense pour leurs clients. Un exemple marquant récemment, c’est Nationwide qui a offert 50 £ à tous ses membres.

Si tu n’avais aucune contrainte (budget, réglementation…), comment améliorerais-tu le marché du prêt au RU ?

Je rendrais le processus d’accès au crédit aussi fluide et digital que possible. Aujourd’hui, environ 80 % des prêts immobiliers passent encore par des courtiers, ce qui implique des échanges en face à face.

Les courtiers ont leur utilité, bien sûr, mais je pense que l’industrie gagnerait beaucoup à permettre aux clients d’obtenir un prêt immobilier entièrement en ligne, sans intermédiaire. Ce serait plus rapide, plus simple, et cela rendrait le crédit plus accessible.

Quelle est la leçon la plus importante que tu as apprise au fil des ans ?

Une chose essentielle : ne jamais avoir peur de poser des questions ou de demander de l’aide. Il vaut bien mieux dire “Tu peux m’expliquer ?” ou “J’aimerais valider ma compréhension” que de faire semblant de tout savoir.

Les gens respectent l’honnêteté et la curiosité. Montrer qu’on veut comprendre, c’est une preuve d’intelligence — et c’est la meilleure façon de progresser.


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Caroline Béguin

Content Lead

SBS